La tradition viticole en Chautagne remonte à une époque très reculée. Le premier témoignage écrit date du Xème siècle. Dès le XIVème siècle le vin de Chautagne gagne ses lettres de noblesse, notamment à la table du Comte de Savoie, dans le commerce avec Genève et au XVIIIème siècle à la cour de Sardaigne. Cette réputation flatteuse ne se démentira pas jusqu’au XIXème siècle.

Située au nord-ouest du département de la Savoie et au nord du lac du Bourget , la Chautagne a droit a un cru particulier depuis 1973 : l’A.O.C. Vin de Savoie cru Chautagne.
Étalés sur les flancs du Gros Foug, les vignobles de Chautagne poussent sur des éboulis calcaires, des grès calcaires molassiques ou des placages morainiques. Ils s’étagent de 250 mètres à 500 mètres d’altitude entre la plaine alluviale du Rhône et profitent d’un climat particulièrement bienveillant avec une température annuelle moyenne de 20°C.
Ici la vigne est abritée des vents par la dorsale montagneuse, et malgré une moyenne annuelle de 1080 mm de pluie elle peut profiter d’un ensoleillement optimal, lui-même tempéré par la proximité du lac du Bourget, enfin on ne connaît pas ici les dangers du gel.
Le Gamay qui occupe ici 45 % du vignoble peut s’épanouir pleinement.

On citera “pour la bonne bouche” ce savoureux portrait tracé par M. Deville :
“Boire à tout bout de champ, descendre les quatre marches de la cave avec l’ami, le voisin, le passant le plus fortuit, n’importe quel représentant de l’espèce humaine devenu l’interlocuteur de l’instant ; tirer dans un petit verre, un vin qu’on avale l’oeil au plafond, à petites gorgées espacées, répéter l’opération autant de fois que l’exigent les circonstances, dont une intuition admirable révèle exactement la bienséante mesure, tel est le rite, tel est le sacrement social du Chautagnard.”