On n’est pas d’accord sur l’origine du nom Mondeuse. Les uns pensent qu’il vient du savoyard “moduse” ou “mandousa” “espèce de raisin qui rend beaucoup de moût”. Les autres disent qu’il dérive d’un terme de Suisse romande qui signifie “plant de vigne dont les feuilles tombaient avant la vendange”.

Synonymes : Bon-Savoyan, Savoyen, Maldoux (Jura), Persaigne (Ain), Mandouze, Molette noire, Tournarin, Gros Plant. Surnommée dans la vallée de la Rochette “la mère du vin”.

Origine : la Mondeuse est un cépage autochtone historique de la Savoie (cf.Vitis Allobrogica). Elle est apprentée génétiquement à la Syrah (mère, grand-mère, cousine ?). A la veille de la crise phylloxérique, elle couvrait plus de la moitié du vignoble savoyard. Après avoir failli disparaître elle recouvre aujourd’hui une certaine notoriété et conteste le premier rang commercial du Gamay.

Aire de culture : si son berceau est sans conteste la Savoie, on la retrouve sous d’autres noms dans l’Isère, l’Ain et le Jura. La Mondeuse est cultivée en Californie et en Oregon sous le nom de Refosco, sans avoir aucun lien avec le Refosco italien ; comprenne qui pourra. Il semble que la Mondeuse soit également présente en Italie sur les pentes de l’Etna, en Suisse, en Argentine, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

La Mondeuse est cultivée tout particulièrement dans la Combe de Savoie où elle représente 10 % du vignoble. Elle donne sa meilleure expression dans les crus Arbin et Saint-Jean-de-la-Porte ; on peut aussi la trouver sur la quasi totalité des terroirs savoyards. En 1996 la surface plantée en Mondeuse est en pleine progression et avoisine les 220 ha.

Caractéristiques : cep vigoureux ; grandes feuilles à cinq lobes, plus longues que larges. Grappe assez grande, pyramidale et allongée ; grains de taille moyenne, sphériques inégaux, peu serrés, de couleur noir bleuté.
Ce cépage vigoureux et productif est particulièrement bien adapté à nos climats de montagne, ce qui explique sans doute qu’on ne le retrouve pas ailleurs en France. Il s’accommode particulièrement bien dans les éboulis calcaires et les terrains schisteux. Il se greffe facilement. S’il est facile à défendre contre le mildiou, il résiste mal à l’oïdium.
Le rendement est fixé entre 62 et 72 hl/ha pour les A.O.C., et 60 et 69 hl/ha pour les A.O.C. suivis d’un nom de cru.

Clones agréés : 368-821-822-926.

Crus savoyards : la Mondeuse s’exprime dans toute sa puissance dans les crus d’Arbin et de Saint-Jean-de-la-Porte reconnaissable par son côté “poivré”. Certains puristes n’apprécient pas toujours son passage en fûts de chêne et les discussions peuvent être vives dans les caves.

Vin : C’est toujours le Dr Guyot qui, en 1863, nous donne son sentiment sur la Mondeuse : “Le cépage de Mondeuse est admirable pour les qualités hygiéniques de son vin, pour l’intensité et l’agrément de son bouquet, et pour le velouté et la plénitude de sa saveur”.
Il y a quelques années, la Mondeuse a effarouché nombre de palais non avertis. Elle était alors vinifiée sans égrappage et pouvait subir une cuvaison de plus de quinze jours. Heureusement les méthodes ont changé et la Mondeuse sait aujourd’hui ravir une foule croissante d’admirateurs. Henri Bordeaux la décrit joliment comme “un vin au ton pourpre, au bouquet subtil de fleur d’automne, qui rappelle ces belles journées dont on craint la fragilité”.

C’est un vin très typé, aromatique qui titre au maximum 12,5°, son astringence peut surprendre. La mondeuse est bien pourvue en arômes : fruits rouges très caractéristiques et variables selon l’âge, senteurs de violette. Ce vin ne dévoilera ses saveurs et ses senteurs complexes qu’au dégustateur patient, “on y verra la logique des vins d’altitude”.

Quelques rares producteurs élaborent la Mondeuse en rosé, cela donne un rosé atypique et fort plaisant, aux arômes de petits fruits rouges, de romarin et de violette. A conseiller à tous ceux qui en ont assez des rosés passe-partout.