Nous avons eu la chance de découvrir quelques très anciens plants de ce cépage à Marin sur les hauteurs du lac Léman. Les pieds avaient été plantés avant la crise phylloxérique à la base de troncs de chataîgniers pour faire les fameuses crosses de Marin.

Synonymes : Gouche blanche ou Guy blanc de la Tarentaise…

De récentes analyses ADN ont montré que ce cépage appelé Weisser Heunisch en Allemagne, avait en réalité été très fréquemment utilisé dans des croisements, sans doute en raison de sa vaste prolifération passée et de sa sécurité de rendement. Sa descendance est prestigieuse et se nomme Riesling, Elbling, Räuschling, Silvaner, Aligoté et Chardonnay du côté blanc. Dans la lignée rouge, on est surpris de trouver les cépages Cabernet Sauvignon, Gamay, Syrah et Zinfandel alias Primitivo, ou encore le Blauer Scheuchner. Le Gouais est bien comme le dit José Vouillamoz le “Casanova des cépages” !

Les informations que nous avons pu obtenir concernant ce cépage rare en Savoie, ont été puisées dans la précieuse monographie de Pierre Tochon. Il décrit la feuille comme grande, glabre et presque lisse. Léger duvet aranéeux, peu compact, pileux sur les nervures ; sinus supérieurs marqués, secondaires nuls, celui du pétiole peu ouvert ou presque fermé ; pétiole assez long, fort et glabre ; denture inégale un peu large.
Grappe sur-moyenne, cônico-cylindrique, ailée ; grain sur-moyen, globuleux.

Chair molle et juteuse, un peu sucrée, à saveur simple un peu astringente. Peau un peu mince, d’un vert jaunâtre à l’exposition du soleil, 2ème époque de maturité. Sarment vigoureux et très fertile.

Vin : la réputation du Gouais est médiocre depuis le Moyen-âge. C’est sans doute le manque de qualité de son vin qui explique sa disparition progressive.
Nous avons pu goûter une bouteille de ce vin léger, finement perlant car élevé sur lies. Goûts d’agrumes. Un vin de soif en quelque sorte.