Origine : inconnue. La Douce-Noire est reconnue depuis le 26 mai 2011 comme un synonyme officiel du Corbeau.

Aire de culture : avant la crise phylloxérique, la Douce-noire était cultivée dans une région comprise entre la Vallée de la Saône et celle de l’Isère, des rives du Rhône depuis sa sortie de Suisse jusqu’à la jonction avec l’Isère. En 1958 (année de son interdiction), la Douce-noire était le deuxième cépage le plus cultivé en Savoie, après lJacquère ; elle était plantée avec le Persan, la Mondeuse et en règle générale, elle était associée a d’autres cépages dans des proportions plus ou moins grandes et donnait d’après Pierre Tochon “aux vins d’Arbin et de Montmélian un caractère tout à fait spécial”.

Aujourd’hui la Douce-noire a heureusement été réhabilitée sous le nom de Corbeau en 2007 et a finalement retrouvé son nom en 2011 (comme “synonyme utilisable”). Il ne reste plus qu’à “replanter des surfaces significatives pour faire revivre ce cépage oublié ” (Terres des Savoie n°276. Avril 2012)

Malgré une traduction proche, la Douce-noire n’est pas le Dolcetto Nero italien.
La Douce-noire est cultivée sur le continent américain sous le nom de Charbono. Après un échange de courriels amicaux, un vigneron californien nous a fait parvenir une bouteille de sa production. Il fut bien difficile de la comparer avec les produits locaux, tant le climat (notammment l’ensoleillement) et les méthodes d’élevage du vin sont différents de ceux pratiqués sur le Vieux Continent et en Savoie plus particulièrement.

Synonymes : Corbeau, plant de Moirans dans le Rhône, Mauvais-noir, Provereau ou plant de Calerin dans l’Ain, plant de Montmélian, plant de Savoie, gros noir, plant de Chapareillan, Charbonneau ou Charbono en Savoie et enfin Batiollin à Albertville et plant Noir en Haute-Savoie.

Description : grappes moyennes en vigne basse et grosses en treillage, quelquefois ailées, cylindro-coniques, quelque peu compactes, pédoncules de moyenne longueur teintés de rouge côté exposé au soleil restant verts à l’ombre ; grains moyens , sphériques, peau épaisse assez résistante d’un beau noir foncé bien pruinée, chair ferme, douceâtre assez sucrée, juteuses. Vrilles longues et fortes, le feuillage rougit marginalement à l’automne.
Débourrement moyen. C’est un cépage à port semi-érigé, vigoureux, rustique, fertile mais à production irrégulière. Maturité première époque tardive.

Vin : peu alcoolique, sans personnalité vraiment affirmée. De récentes tentatives d’assemblages avec la Mondeuse et le Persan ont donné des résultats encourageants qui devraient inciter à la réintroduction de la Douce-noire dans nos contrées alpines.